dimanche 11 février 2024

Au-delà des Limites : L'Intimité sans Barrières et le Défi de Briser les Tabous sur le Handicap et la Sexualité

Voici un texte sur mon histoire personnelle ainsi que mes réflexion sur la thématique du handicap et de la sexualité, thème souvent tabou encore aujourd'hui. En effet, il est temps que nous embrassions une vision de l'inclusion qui ne se limite pas à l'accessibilité des bâtiments ou à l'égalité des chances professionnelles, mais qui s'étend aussi à notre droit fondamental à aimer, à être aimé, et à exprimer notre sexualité comme nous l'entendons.

Par ailleurs, il est regrettable de constater que la Convention relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) n'évoque que l'accès aux services de santé sexuelle, sans faire la moindre mention du droit fondamental des personnes en situation de handicap à mener une vie affective et sexuelle selon leurs propres termes. Il se peut que j'aie manqué cette information, mais après une lecture approfondie du texte, il semble que ce sujet important soit omis. C’est d’ailleurs la seule critique qu’on pourrait faire à la CDPH.

Pour entrer dans le vif du sujet, permettez-moi de partager quelques aspects de mon identité sexuelle : je suis bisexuel et actuellement célibataire. En soi, ces informations pourraient sembler assez ordinaires. Cependant, il y a un élément supplémentaire à considérer : je vis avec une paralysie cérébrale, ce qui nécessite une assistance continue, jour et nuit. Cette condition complexifie considérablement ma vie sexuelle, et ce, de manières que vous n'auriez peut-être pas anticipées. 

je suis plutôt en quête de relations sexuelles éphémères, ce que certains appelleraient des 'plans cul'.

Le monde des rencontres en ligne pourrait sembler être un terrain de jeu idéal pour explorer sa vie sexuelle, mais en réalité, c'est un domaine où mon handicap et mes besoins en matière d'assistance constante rendent les choses nettement plus complexes. Pour vous donner une idée : dès que je mentionne la présence incontournable de mon assistant dans ma vie quotidienne, beaucoup de personnes s'empressent de me dire 'non' sous prétexte, notamment, de gène vis-à-vis de mon assistant. Certains vont même jusqu'à poser des 'lapins', me laissant seul et déçu.

Mais ce n'est pas tout. Les excuses pour annuler une rencontre sont souvent peu convaincantes et manifestement de faux prétextes. Par exemple, j'ai déjà entendu : 'Il fait trop chaud aujourd'hui pour se rencontrer', alors que nous étions en pleine canicule depuis des semaines. Un autre prétendant, habitant à Yverdon, a prétendu que le trajet jusqu'à chez moi était 'trop loin', ce qui était manifestement une fausse excuse. Ou encore, l'explication classique, mais totalement incongrue, reçue quelques minutes avant un rendez-vous prévu : 'Je me suis rendu compte qu'il n'est pas bien de s'engager dans une relation sexuelle sans sentiments'.

Aussi, il y a ceux qui, sans aucune raison apparente, cessent soudainement de répondre aux messages ou vont jusqu'à me bloquer. Dans ces conditions, et malgré une vie sexuelle que je souhaite active, mes rencontres se font finalement assez rares.

Je dois admettre que malgré les obstacles auxquels je suis confronté, il y a tout de même deux personnes en situation de handicap avec qui je réussis à partager des moments intimes (et je tiens à préciser que ces rencontres n'ont pas lieu simultanément). L'un d'eux est un jeune homme résidant dans une institution d'un canton romand. Naviguer à travers les multiples obstacles logistiques pour organiser une rencontre avec lui est une tâche herculéenne. D'abord, il faut planifier longtemps à l'avance, souvent des mois, pour trouver un créneau où son éducatrice est disponible pour l'accompagner jusqu'à mon domicile.

Mais la complexité ne s'arrête pas là. Il faut également composer avec des limitations cognitives de ce jeune homme qui exacerbent les difficultés organisationnelles. Par exemple, il a du mal à communiquer à son éducatrice pour l'informer de son souhait de me voir ou de la date que nous avons fixée. Cela ajoute une autre couche de complexité à une situation déjà difficile, exacerbant la sensation que nos vies sexuelles et intimes sont emmêlées dans un labyrinthe de contraintes institutionnelles et sociales.

Mais je ne suis pas fermé à avoir d’autres amis avec qui je peux partager de tels moments régulièrement ou de temps en temps, en situation de handicap ou valides.

Quant à l'idée de me mettre en couple, je ne suis pas totalement fermé à la possibilité, mais il faudrait que cela soit en harmonie avec ma propre conception de la sexualité et des relations affectives. En d'autres termes, je suis beaucoup plus enclin à explorer des relations libres ou polyamoureuses. Pour moi, ces modèles de relations non seulement déconstruisent les normes sociales conventionnelles, mais ils offrent également une liberté et une flexibilité qui correspondent à mes besoins et désirs. Pourquoi pas pratiquer le libertinage ? Dans un monde idéal, chacun devrait avoir la liberté de définir les termes de son engagement relationnel et sexuel. En ce qui me concerne, je trouve une grande satisfaction dans la diversité et la variété des expériences sexuelles. Le sexe est très important dans ma vie et je ne suis pas prêt à compromettre ce besoin en me confinant dans une relation monogame traditionnelle. L'authenticité dans la manière dont je vis ma sexualité est essentielle pour moi et pour toute relation que je pourrais éventuellement entretenir.

Je suis actuellement engagé dans un projet audacieux et avant-gardiste en collaboration avec un collectif lausannois spécialisé dans la réalisation de films pornographiques éthiques. L'idée de ce film porno dans lequel je jouerai dedans est de briser les tabous et les préjugés liés à la sexualité et au handicap, tout en offrant une représentation plus réaliste et inclusive de la sexualité humaine. Ce n'est pas qu'un simple projet de film pour moi ; c'est un acte politique, une forme de militantisme. En utilisant le média du film porno éthique, nous visons à remettre en question les stéréotypes culturels qui marginalisent certaines expressions de la sexualité, tout en créant un espace pour que d'autres personnes en situation de handicap puissent se voir représentées dans un domaine souvent exclusif. Le projet est encore en phase de développement et il y a beaucoup de défis logistiques et créatifs à surmonter, mais l'enthousiasme et la passion qui animent cette initiative me laissent optimiste quant à son aboutissement.
 Je suis particulièrement attiré par les organes génitaux poilus ; c'est une préférence esthétique et sensuelle qui m'est propre. Mon imagination érotique me porte également vers divers fantasmes, notamment le sexe dans l'eau, les expériences à plusieurs partenaires, ou encore les escapades sexuelles en pleine nature. Ces aspirations reflètent mon désir d'explorer une sexualité qui ne se conforme pas nécessairement aux normes traditionnelles. Cela soulève une question cruciale : pourquoi les personnes handicapées dépendantes ne devraient-elles pas aussi avoir la possibilité de réaliser leurs fantasmes, voire aller dans les clubs libertins et autre sauna gay ? Qu'il s'agisse d'expériences conventionnelles ou non, chacun devrait avoir le droit de vivre sa sexualité comme il l'entend, sans être contraint par des normes culturelles ou sociales rigides.

Le sujet de la sexualité et du handicap me passionne profondément et me tient à cœur, mais je trouve regrettable qu'il soit souvent réduit à la simple question de l'assistance sexuelle. Bien que l'assistance puisse être un élément important pour certaines personnes, j’y ai déjà eu recours, elle n'est pas l'alpha et l'oméga de la sexualité pour les personnes en situation de handicap. Il est impératif de reconnaître et de respecter le spectre complet des désirs et des besoins sexuels des personnes handicapées, y compris ceux qui peuvent être jugés 'non conventionnels' ou 'contraires aux bonnes mœurs' par la société. À ce titre, il faudrait mettre en place des initiatives et des ressources qui permettent une exploration plus libre et plus épanouie de la sexualité, dépassant les approches médicalisées ou paternalistes qui dominent actuellement le discours.

Je suis un adepte du naturisme, une philosophie de vie qui ne doit pas être confondue avec la sexualité. Le naturisme, pour moi, représente un état de liberté, de connexion avec la nature, et d'acceptation de soi qui transcende les contraintes habituelles de vêtements et de jugements superficiels. J'ai eu la chance, par le passé, d'avoir un assistant qui partageait cette même philosophie naturiste. Ensemble, nous avons vécu des expériences enrichissantes, allant de journées paisibles à la plage naturiste à des séjours en vacances spécifiquement orientés vers le naturisme. Nous avons également fréquenté des bains naturistes, des espaces où la nudité est valorisée comme une forme de pureté et de bien-être. Malheureusement, je n'ai plus, au sein de mon équipe actuelle d'assistants, quelqu'un qui adhère à ces mêmes principes naturistes. La perte est palpable ; elle souligne à quel point il peut être difficile de concilier des besoins spécifiques avec les disponibilités et les inclinations de ceux qui m'apportent une assistance au quotidien.

Chaque année, je participe à un camp de sport où une distinction est établie en ce qui concerne l'utilisation des douches. Les participants capables de marcher sont dirigés vers des douches collectives, tandis que ceux d'entre nous qui sont en fauteuils roulants sont relégués aux douches individuelles. Lorsque j'ai exprimé le souhait de partager les douches collectives avec mes camarades, la réaction que j'ai perçue m'a semblé teintée de stéréotypes négatifs, comme si ma demande était perverse.

Les raisons avancées pour cette séparation vont de l'accessibilité (ce que je comprends tout à fait) mais aussi à la soi-disant "intimité" nécessaire pour les personnes en fauteuil. Je ne comprends pas ce dernier argument. Pourquoi les personnes aptes à marcher seraient-elles dans des douches collectives si l'intimité était le problème ? En réalité, cette séparation renforce un certain nombre de stigmates et préjugés négatifs à notre égard. Elle véhicule l'idée implicite que nos corps, parce qu'ils sont différents, doivent être isolés, comme si nous étions des objets de honte ou de dégoût.

Cette séparation crée également une dynamique perverse qui renforce la dépendance et l'altérité. Les douches collectives jouent un rôle central dans la vie sportive ; elles sont souvent le lieu où naissent la solidarité, l'esprit d'équipe et les amitiés. En excluant les personnes en fauteuil de ces espaces, on compromet leur intégration au sein du groupe et on crée une autre barrière, subtile mais délétère, à l'inclusion sociale.

Une solution alternative que je propose serait d'expérimenter avec des douches collectives réservées aux personnes en fauteuil roulant qui nécessitent une assistance. Cette approche pourrait contribuer à briser les tabous et les stigmates, tout en offrant une occasion de camaraderie et de solidarité parmi ceux d'entre nous qui sont souvent marginalisés même dans des espaces conçus pour l'inclusion

L'année dernière, j'ai eu le privilège de voir une de mes idées prendre vie : l'association Cerebral Suisse a organisé un séjour intitulé 'Vacances Singles', dédié au thème de la sexualité et permettant à ses participants de faire diverses expérimentations en toute sécurité et dans le respect de chacun. J'ai le plaisir de dire que cette initiative était en partie inspirée de mes propres suggestions et idées. C'était une première édition, un pionnier dans son domaine, et à bien des égards, l'expérience a été enrichissante et constructive. Néanmoins, comme toute première initiative, elle avait ses limites et des domaines nécessitant des améliorations. Dans cette optique, j'espère que les discussions lors des web-cafés généreront des idées novatrices pour améliorer et enrichir une éventuelle deuxième édition.

En septembre dernier, j'ai fait l'expérience d'un moment particulièrement révélateur lors de ma visite au Checkpoint (PROFA) à Lausanne, un centre spécialisé dans les tests MST/IST. À ma grande surprise, et pour être honnête, à mon indignation, les installations étaient tout sauf adaptées pour les personnes à mobilité réduite. L'ascenseur était si exigu qu'il m'était impossible d'y faire entrer mon fauteuil roulant. L'alternative ? Être porté pour atteindre l'étage souhaité, tandis que mon fauteuil était transporté séparément. Ce processus s'est répété pour la descente. Autant dire que la situation était extrêmement inconfortable et a sérieusement remis en question le degré d'accessibilité et d'inclusion du centre.

Il me semble fondamental de rappeler que la santé sexuelle est un droit humain inaliénable, auquel tout le monde devrait avoir accès de manière autonome et digne. Le fait qu'un centre médical spécialisé dans ce domaine crucial n'offre pas un accès adapté aux personnes en situation de handicap est non seulement embarrassant, mais il est aussi inacceptable. Je trouve ahurissant qu'à une époque aussi avancée, vu qu’on est en 2023, de telles lacunes en matière d'accessibilité soient toujours d'actualité. Et cela dans un pays développé comme la Suisse et dans un domaine aussi vital pour le bien-être des individus !

Ces défauts structurels posent un problème plus large, car ils empêchent un accès égal à des services de santé essentiels, exacerbant ainsi les inégalités existantes. Par conséquent, cela soulève également des questions sur l'éthique médicale et les droits des personnes en situation de handicap. J'estime qu'il est du devoir des autorités compétentes de prendre des mesures immédiates pour remédier à cette situation. Une attention particulière doit être accordée pour que les services de santé sexuelle, dont les tests MST/IST, soient pleinement accessibles à tous, indépendamment de leur mobilité ou de toute autre condition physique. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons parler d'une société véritablement inclusive et équitable.

En conclusion, l'intersection de la sexualité et du handicap est un sujet trop souvent négligé, banalisé ou simplement ignoré par la société. Mon expérience personnelle illustre plusieurs des défis auxquels sont confrontées les personnes en situation de handicap, notamment en ce qui concerne leur vie sexuelle et affective. Qu'il s'agisse de l'usage des applications de rencontre, de la possibilité de réaliser des fantasmes ou simplement d'accéder à des services de santé sexuelle de base, les obstacles sont nombreux et complexes.

Il est impératif de déconstruire les dogmes et les tabous entourant cette thématique. Oui, les personnes en situation de handicap ont aussi des désirs, des besoins et des droits sexuels. Les aborder uniquement sous l'angle de l'assistance sexuelle est réducteur et ne rend pas justice à la complexité et à la diversité des expériences vécues. Des alternatives plus inclusives, des améliorations en termes d'accessibilité et une réelle ouverture d'esprit sont nécessaires pour créer un environnement dans lequel chacun peut vivre sa sexualité comme il l'entend.

De plus, la sexualité ne devrait pas être le seul domaine dans lequel les personnes en situation de handicap se sentent exclues ou discriminées. Qu'il s'agisse de douches collectives lors de camps sportifs ou de l'accès aux services de santé, la question de l'inclusion et de l'accessibilité doit être abordée dans une perspective beaucoup plus large.

Dans cet esprit, je vous invite à repenser vos propres attitudes et préconceptions sur ce sujet. La sexualité, dans toute sa diversité, est un aspect fondamental de l'expérience humaine et devrait être accessible à tous, sans exception. Il est temps de passer à l'action et de faire de cette idéale une réalité concrète.

Rédigé pour l'Association Cerebral Suisse, 2023

lundi 5 février 2024

Postulat « Organisation d'une Journée de Dépistage des IST/MST »

Madame la Présidente,
Mesdames, Messieurs,

Nous vivons à une époque où les discussions sur la santé sexuelle gagnent en visibilité, mais restent néanmoins insuffisantes, surtout dans des contextes socio-économiques défavorisés. Les quartiers défavorisés, les personnes à faible revenu, et les communautés marginalisées sont souvent laissés pour compte, voire stigmatisés, dans les discussions sur la santé sexuelle. Dans le contexte de Chavannes-près-Renens, en tant que commune l'une des plus modestes du Canton de Vaud, nécessite une attention particulière dans ce domaine.

La commune de Chavannes-près-Renens est une véritable mosaïque culturelle. Cette richesse, qui fait notre fierté, s'accompagne malheureusement d'une réalité moins reluisante. La diversité culturelle cohabite avec une diversité socio-économique qui penche souvent vers la précarité. Une grande partie de notre population provient de milieux défavorisés, ce qui exacerbe les problèmes de santé publique, notamment ceux liés à la santé sexuelle. Les barrières linguistiques, les disparités culturelles en matière d'éducation sexuelle, et le manque de ressources engendrent un cercle vicieux qui ne peut être brisé qu'avec des actions directes et ciblées.

Il est de la responsabilité de notre institution communale de prendre des mesures concrètes pour améliorer la santé publique et la qualité de vie de ses habitants. Dans cette optique, je propose l'organisation d'une journée ou d'une demi-journée de dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) et des maladies sexuellement transmissibles (MST), en collaboration avec des organisations spécialisées telles que PROFA (Checkpoint).

Je suggère que cette initiative se déroule au local de la Blancherie. Bien que ce lieu ne soit pas idéal en termes de confidentialité, il présente l'avantage d'être accessible et connu de la population locale, au cœur d’un quartier populaire. Néanmoins, je suis ouvert pour que cela se fasse à un autre endroit. Bien sûr, il est crucial de mettre en place des mesures garantissant la confidentialité des participants, une condition sine qua non pour le succès d'une telle initiative.

L'efficacité d'une action publique se mesure souvent à sa capacité à atteindre les personnes les plus éloignées des circuits traditionnels de soins et d'information. En organisant une journée ou une demi-journée de dépistage des IST/MST directement au cœur des quartiers populaires, la ou les difficultés sociales sont les plus présents, nous faisons bien plus que décentraliser un service ; nous allons à la rencontre des citoyens là où ils vivent, là où les besoins sont les plus pressants. Cette démarche proactive permet de toucher une population qui, autrement, ne se serait probablement jamais rendue dans des centres de dépistage par elle-même, que ce soit en raison de stigmates sociaux, de barrières linguistiques ou simplement par manque d'information. En déplaçant le lieu de dépistage au sein même de la communauté, nous renforçons l'accessibilité du soin, et par conséquent, nous contribuons à une santé publique plus équitable.

Par ce postulat, je demande à la Municipalité de Chavannes-près-Renens d'étudier l'opportunité d'organiser une journée ou une demi-journée de dépistage des IST/MST au local de la Blancherie ou dans un autre lieu. Cette étude devrait prendre en compte : La faisabilité logistique et financière de l'événement.
Les mesures à mettre en place pour garantir la confidentialité des participants.
L'identification d'organisations partenaires spécialisées, comme PROFA (Checkpoint), pour assurer le bon déroulement de la journée.
La communication et la sensibilisation nécessaires pour encourager une participation élevée, notamment au sein des communautés les plus vulnérables.

À la suite de cette première édition, il conviendra d'examiner la possibilité de rendre cette initiative pérenne, en l'organisant une ou deux fois par an.

Il est de notre devoir, en tant que représentants publics, de prendre des mesures qui reflètent et répondent aux besoins de tous nos concitoyens. Organiser une journée de dépistage des IST/MST peut contribuer à briser le tabou entourant la santé sexuelle et encourager des comportements responsables. Je vous invite donc à prendre ce postulat en considération.

Julien-Clément Waeber
Conseiller communal 

Déposé le 23.01.2023
Chavannes-près-Renens
Accepté le 01.02.2023

jeudi 2 février 2023

Postulat « Pour de la verdure dans l’architecture dans l’Ouest Lausannois – Bis repetita à Chavannes »

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Le 16 février 2017, Je déposais un postulat intitulé « Pour de la verdure dans l’architecture dans l’Ouest Lausannois ». Ce texte demandait une stratégie de végétalisation dans le cadre de la révision du PDI (adoptée depuis) ainsi qu’une étude de faisabilité de végétalisation des bâtiments communaux débouchant sur un plan. Malheureusement, le Conseil communal en sa séance du 27 avril 2017 a refusé ce postulat.

Les différentes vagues de chaleur qu’on a eues ce printemps et cet été, ainsi que la sécheresse qui s’en est suivie, nous rappelle la nécessité voire l’urgence de mettre en place une stratégie de végétalisation massive de l’espace urbain. Celle-ci contribuera à lutter contre le phénomène des îlots de chaleur minant la qualité de vie et de travail dans les villes et les communes fortement urbanisées en cas de forte chaleur. Il faut introduire des règles contraignantes afin de rendre la végétalisation systématique et massive.

Murs végétalisés, toits verts ou des arbres dans une tour, mettre de la végétation dans l’architecture est devenu tendance en ce début du XXIe siècle. Certains dirons que cela fait « bobo écolo », le soussigné ne le pense pas et souligne la qualité esthétique de ces éléments architecturaux.

En plus de la lutte contre les îlots de chaleur, voici une liste, non exhaustive, des avantages de la végétalisation des façades, toitures, murs, etc :

-    Favoriser la biodiversité ;
-    Lutter contre la pollution et améliorer la qualité de l’air ;
-    Isoler de façon efficace et écologique les bâtiments ;
-    Améliorer le bien-être général de la population ;

Le mobilier urbain (lampadaires, poteaux, arrêts de bus, etc) peut être aussi végétalisé.

Dans la région, il y a, entre autres, l’arrêt du M2 à la Place de l’Europe (Lausanne, Flon) qui a une toiture et une façade végétalisées. Sur la Commune, il y aura la tour des Cèdres avec sa forêt verticale. Au passage, on peut regretter que le Vortex n’ait pas de toiture verte.

Récemment, la réalisation de la Parcelle Verte à la gare de Renens est un premier pas vers une végétalisation plus massive de nos villes et agglomérations.

Dans un district et une commune en proie à une urbanisation exponentielle, certains se plaignent qu’on bétonne à tout va, grignotant des espaces verts. Rappelons que la population a approuvé en 2013 la loi sur l’aménagement du territoire (LAT), rejetant ainsi le bétonnage massif.

Dans sa réponse à l’interpellation de Manon Fawer, Conseillère communale, « Luttons ensemble contre les îlots de chaleur urbains », la Municipalité nous mentionne le Plan canopée élaboré dans le cadre du PDI-OL qui « a pour objectif de préserver et développer le patrimoine arboré ». Pour se faire, la temporalité consiste en la « validation du plan guide courant 2023 et mise en place progressive des mesures ».
Dans sa réponse, l’Exécutif nous dit que l’objectif principal est de passer par des conventions de co-maîtrise d'ouvrage afin « de maximiser une compensation des surfaces vertes au sein même des secteurs densifiés. Quand les conditions le permettent, cela se traduit par la création de généreux espaces verts, la plantation d'un nombre important d’arbres (cumul des surfaces enherbées et des couronnes feuillées), la végétalisation des toitures, l'obligation d'avoir recours à des revêtements de sol autres que le traditionnel bitume ou béton, etc ». Il est à se demander si ça ne serait pas mieux d’avoir des règles contraignantes pour toutes et tous plutôt que devoir passer par des conventions lesquelles nous soumettent au bon vouloir des propriétaires et des maîtres d’ouvrage.
Enfin, le Conseil municipal nous indique sa volonté de mettre en place la « végétalisation des rues en lien avec la mise en œuvre du projet « Mobilité Chavannes » ».

Dans la Motion « Pour un Plan d’affectation ambitieux et durable », acceptée par le Conseil communal en avril dernier, les motionnaires demandent de végétaliser les toits ainsi que la création d’îlots de fraîcheur entre autres. Ce Postulat se veut complémentaire en allant plus loin dans la végétalisation de la Commune.

Ainsi, je demande à la Municipalité d’étudier :

1.    La mise en place, dans le cadre notamment de l’application communal du Plan canopée Intercommunal, du Plan climat communal, du processus de l’Agenda 21 chavannois et de la révision du Plan d’affectation communal, d’une stratégie communale de végétalisation massive et systématique des façades, toitures, murs, immeubles et du mobilier urbain. Cela prévoit la mise en place de règles contraignantes notamment via la révision de règlements communaux ou par l’élaboration d’un nouveau Règlement communal pour la végétalisation de l’espace urbain.
2.    L’opportunité de faire une étude de faisabilité de végétalisation des bâtiments communaux.
3.    Selon les résultats de cette étude, de présenter au Conseil communal un plan de végétalisation des bâtiments communaux.
Il est demandé, pour les points exposés ci-dessus, de tenir compte de l’alternative de la pose, sur les toitures, de panneaux photovoltaïques.

Julien-Clément Waeber
Conseiller communal

Chavannes, déposé le 10.11.2022
Adopté le 02.02.2023

mercredi 13 octobre 2021

Covid, sex et handicap... un risque pour les acquis ?

Les acquis

Commençons par lister ces acquis. Il y a certainement d’autres….
-    Reconnaissance du droit de la personne en situation de handicap à avoir droit à une vie affective et sexuelle.
-    Développement des réponses concrètes, notamment l’assistance sexuelle, pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap.

Les risques dus aux mesures sanitaires mises en place pour lutter contre la Pandémie

Pour illustrer mes propos, j’ai envie de prendre l’exemple des relations et des sexualités qui sortent de la norme, notamment le polyamour, car cela se prête bien pour commencer.

Avant la Pandémie, les personnes en situation de handicap avaient déjà beaucoup de peine à vivre des sexualités atypiques (plusieurs partenaires sexuels, polyamour, etc). Du fait de la nécessité de protection, notamment des institutions, ces types de relations étaient et sont pratiquement impossibles à avoir pour une personne en situation de handicap. De plus, l’influence judéo chrétienne joue aussi son rôle de ce fait.

Avec la COVID et sa distance sociale, ses gestes barrières, ses masques, et ses différents plans de protection, comment permettre à Paul de coucher un soir avec Corinne et le lendemain avec Sébastien ? C’est totalement contraire aux mesures sanitaires… Bien évidemment, avant le début de cette crise, on n’aurait pas aisément laissé Paul coucher avec Corinne et le lendemain avec Sébastien. Mais avec la distance sociale, les gestes barrières et tout ce qu’il s’en suit, Paul est maintenant assuré (avec le covid) de ne même plus pouvoir y penser !!!

Un autre aspect qui m’est important à mes yeux, c’est l’intimité. Pendant longtemps, on a considéré que les personnes en situation de handicap n’avaient pas d’intimité. Depuis dix ou vingt ans, l’intimité s’est heureusement cultivée, mais parfois jusque dans l’autre extrême : l’idée des douches collective après le sport, lors d’un camp par exemple, avec des personnes dépendantes en fauteuil, par exemple, est devenue inenvisageable pour un certain nombre de moniteurs ou d’accompagnants avant la COVID, au nom du sacro-saint respect de l’intimité individuelle. Alors que je trouve qu’il y aurait aussi des bénéfices à partager parfois des moments de nudité collective du-moins pour celles et ceux qui la souhaitent. Alors imaginez, si on ajoute maintenant les mesures d’hygiène liées à la pandémie…cette possibilité d’expérimenter une fois des douches collectives devient tout à fait illusoire.

Pour revenir à ceux qui vivent une sexualité « classique », la Pandémie a aussi été un obstacle pour que les personnes handicapées puissent continuer d’exercer leur une vie sexuelle. Catherine Agthe a écrit dans un article dans lequel elle évoque que lors du premier semi-confinement certains couples en institution n’avaient plus l’autorisation de partager leur chambre ensemble.

J’ai le sentiment que la Pandémie a cassé un élan dans les rares ouvertures pour développer des réponses concrètes pour répondre à des demandes affectives et sexuelles atypiques pour réduire le quotidien à la seule distance sociale, aux gestes barrières, au port du masque en continu et aux plans de protection… Je garde l’espoir que certaines personnes oseront poser des actes malgré le contexte sanitaire ambiant, pour que la vie reprenne le dessus.

Les masques

J’ai envie de parler ici des masques. On est tout à faire d’accord avec le fait qu’avant mars 2020, on ne portait extrêmement peu souvent des masques pour s’occuper des personnes en situation de handicap ou dépendantes. Maintenant, c’est au quotidien que ces personnes doivent avoir des personnes masquées pour s’occuper d’elles. Trouvez-vous cela normal ? A quel moment nos autorités vont-elle autoriser le personnel des EMS, institution et autres à ne plus porter le masque. Je suis convaincu que le masque ne doit pas rester ad vitam aeternam dans ces établissements car cela rendrait la prise en charge des personnes en situation de handicap extrêmement médicalisée et enlèverait un peu de l’humain. Mais la question de la fin du port du masques dans ce type de prise en charge va être extrêmement délicate à gérer pour nos Autorités. J’ai l’impression que nos autorités se sont créé une situation ou l’abolition du port du masque va être quelque chose de difficile à s’en sortir.

Toujours sur le port du masque, il est intéressant de relever qu’il y a eu une baisse des assistances sexuelles car les assistantes sexuelles doivent porter le masque tout le long. C’est vrai que les travailleuses du sex porte aussi le masque. Mais, vous admettez que pratiquement personne ne veut avoir des relations sexuelles avec une personnes masquée. Enfin avec un masque chirurgical, pour les autres masques c’est à chacun son délire…

Donc, on fait quoi ? Et une fois la Pandémie finie ?

Je pense que tant que les gestes barrières, la distance sociale et le port du masque resteront d’actualité, notamment dans les recommandations officielles des Autorités, je pense que on aura une barrière supplémentaire. Même si j’espère que les choses se font avec pragmatisme, la pandémie n’a amené rien de bon pour cette cause. A titre personnel, je pense que nos autorités devront un jour déclarer la fin des gestes barrières, de la distance sociale et du port du masque…

Je tiens à rappeler que la santé sexuelle fait partie de la santé en général. Le droit à la santé en général est garanti par la CDPH, la Convention des droits de l’Homme en autre… Il me paraît d’autant plus important de préserver ce droit en temps de pandémie…Il me paraît important que la personne connaisse les risques d’avoir une ou des relations sexuelles en ces temps de pandémie et de les assumer. Qui a continué à dormir avec sa ou son partenaire au premier semi-confinement du printemps 2020 ? Il me paraît important de laisser les personnes en situation de handicap laisser prendre des risques. Le risque zéro n’existe pas.